Considéré unanimement comme le plus beau manuscrit enluminé du monde, le livre de Kells n'est pas un évangéliaire ordinaire puisqu'il représente aujourd'hui le plus impressionnant témoignage de la richesse de l'art graphique celte.
      Dès le Vème Siècle les moines irlandais tiennent un rôle prépondérant dans l'essor du christianisme en Europe. Leurs monastères comptent alors parmi les centres culturels et intellectuels les plus influents du continent.


 

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Chi-Rho

  C'est dans l'un de ces monastères, vraisemblablement sur l'île de Iona, qu'au VIIème Siècle commence la rédaction de l'ouvrage.
     Des avis divergent sur le nombre de scribes ayant participé à sa rédaction. Certains y ayant identifié deux mains, d'autres experts annonçant au moins quatre maîtres-enlumineurs. Ces auteurs sont demeurés anonymes. L'un d'eux, très probablement celte, suffit à faire de l'ouvrage une oeuvre d'art tant il excelle en calligraphie, présentant une écriture délicate à l'encre ferrique, jouant subtilement des verts et des bleus.
     Un autre, sans doute d'origine méditerranéenne, maîtrise parfaitement l'entrelac et la rosace. Il est certainement l'auteur de l'une des pages les plus célèbres dite la "Chi-Rho".

     Nullement destiné à un usage quotidien, il s'agit de réaliser un livre sacré qui n'apparaît à l'autel que lors des grandes célébrations. Ses 680 pages en parchemin enluminé contiennent outre les quatre évangiles, divers autres textes comme les tables des canons d'Eusèbe de Césarée, des documents fonciers, des listes de nom hébraïques.

 

Nous découvrons au fil de ces pages un large panel d'enluminures faites d'entrelacs, de lettres ornées et de dessins multicolores. Les textes rédigés en semi-onciale insulaire sont illustrés de multiples symboles, décorés de maints motifs mystiques et chimériques.
L'une des pages les plus extraordinaires est dite de "Chi-Rho", ainsi nommée en référence aux initiales de Jésus Christ en grec.

      


      L'auteur y reprend un thème très largement répandu dans le graphisme celte, le développement d'une plante ligneuse sortant d'un vase... représentant l'arbre de vie, agrémenté des sept groupes d'êtres vivants que reconnaissaient les celtes: plantes, insectes, poissons, reptiles, oiseaux, autres animaux et l'homme.
      Au delà de son caractère sacré, le livre contient également quelques illustrations humoristiques. C'est ainsi qu'on peut y voir un exemple en pleine page, un chat poursuivant une souris voleuse d'hostie...

     Au IXème Siècle, les vikings s'emparent du livre auquel il reconnaissent immédiatement le caractère exceptionnel. Ils le déposent alors au monastère de Kells (Comté de Meath - Irlande) afin qu'il y soit protégé.
     Pourtant il disparaît, selon un écrit qui fait état du vol en 1007 du "grand Evangéliaire de Columcille. Il est toutefois retrouvé mais sa splendide couverture d'or incrustée de pierres précieuses a été arrachée. il est restitué au monastère de Kells où il reste jusqu'en 1541, date à laquelle l'Eglise catholique romaine l'emmène à Dublin. C'est en 1661 que le manuscrit est confié au trinity Collège où il constitue encore à ce jour la pièce maîtresse de la bibliothèque.

     Le livre a souffert de son exposition aux intempéries et des ravages du temps. Depuis 1953 il fait l'objet d'une attention particulière visant à sa restauration et sa conservation dans les meilleurs conditions. C'est dans ce même soucis que 1480 exemplaires édités en fac-similé ont été réalisés. les 680 pages y sont scrupuleusement reproduites, et l'on y retrouve même les 580 trous faits par des insectes au fil des siècles

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Révision : avril 2015.